Chapter 54 of 101

La boîte noire

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Kael posa le pied sur la première marche. La lumière bleutée sous la serre vacilla. Derrière lui, personne ne bougea. Darius avait toujours son épée à la main. Ethan se tenait à quelques pas, prêt à intervenir au moindre mouvement. Aldren et Lucian surveillaient les alentours tandis que plusieurs chevaliers du Corbeau Noir encerclaient la serre. Kael descendit une seconde marche. Puis une troisième. L'escalier était étroit et ancien. Les pierres semblaient avoir été taillées bien avant la construction actuelle de la serre. La lumière venait de plus bas. — Kael, attends. C'était Darius. Kael s'arrêta. — Quoi ? — On ne sait pas ce qu'il y a là-dessous. Kael tourna légèrement la tête. — Justement. Darius soupira. — Je savais que tu allais dire ça. Ethan descendit à son tour. — Alors on y va ensemble. Kael acquiesça. Darius passa devant lui. — Je passe en premier. — Darius... — Non. Il lui adressa un regard sérieux. — Pour une fois, laisse-moi faire mon travail. Kael resta silencieux. Puis il hocha la tête. Darius descendit. Ethan suivit. Kael ferma la marche. Après une dizaine de marches, l'escalier déboucha dans une petite salle souterraine. La pièce était beaucoup plus ancienne que tout ce qu'ils avaient découvert jusque-là. Les murs étaient couverts de pierres sombres. Certaines portaient des marques presque effacées. Au centre se trouvait une table de pierre. Et sur cette table... La boîte noire. Kael s'approcha lentement. Elle était petite. À peine plus grande que sa main. Aucune serrure visible. Aucun symbole apparent. Pourtant, Kael avait immédiatement reconnu l'objet. — C'est elle. Ethan le regarda. — Tu la reconnais vraiment ? Kael fronça les sourcils. — Je l'ai vue. — Où ? Kael resta silencieux. Une image traversa son esprit. Une pièce éclairée par une cheminée. Son père assis devant une table. Lui, beaucoup plus jeune, debout à ses côtés. La même boîte. Puis la voix de son père. Pas encore. Le souvenir disparut. Kael porta une main à sa tempe. Darius le remarqua. — Kael ? — Ça va. — T'es sûr ? Kael releva les yeux. — Oui. Il s'approcha de la table. La lumière bleue semblait venir de sous la boîte. Darius leva une main. — Ne la touche pas. Kael s'arrêta. — Pourquoi ? — Parce que tout ce qu'on a trouvé aujourd'hui nous dit exactement l'inverse. Ethan observa les murs. — Il a raison. On ne sait même pas ce qu'elle fait. Kael regarda la boîte. — Mon père savait. Darius répondit calmement : — Ton père n'est plus là pour nous expliquer. Kael resta immobile. Puis il tendit lentement la main. Ses doigts étaient à quelques centimètres du couvercle. La lumière s'intensifia. Une vibration parcourut soudain la pièce. Darius dégaina complètement son épée. — Recule ! Kael n'eut pas le temps de répondre. La boîte s'ouvrit toute seule. Un bruit sec résonna. Le couvercle se souleva. À l'intérieur se trouvait une petite pièce métallique circulaire. Kael la reconnut immédiatement. C'était le même métal que la pièce trouvée dans l'horloge. Ethan fixa l'objet. — Encore une pièce... Mais ce n'était pas tout. Sous la pièce métallique se trouvait une feuille pliée. Vieille. Jaunie. Kael la prit délicatement. Il déplia le papier. Quelques mots étaient écrits dessus. Il les lut. Son expression changea. — Qu'est-ce qu'il y a ? demanda Darius. Kael ne répondit pas. Ethan s'approcha. — Kael ? Il lui tendit la feuille. Ethan lut à son tour. Son visage devint sérieux. — C'est l'écriture de père. Darius se rapprocha. — Qu'est-ce qu'il dit ? Kael regarda la phrase une nouvelle fois. Puis il répondit : — « Si tu lis ceci, c'est que la maison a recommencé à ouvrir ses portes. » Un silence pesant suivit. Aldren, qui venait d'arriver au bas de l'escalier, entendit la phrase. Son visage changea immédiatement. — Non... Kael tourna la tête. — Tu connais cette phrase ? Aldren ne répondit pas. Il regardait la boîte. Puis la pièce métallique. — Aldren ? Le vieux commandant descendit lentement les dernières marches. — J'ai déjà entendu ces mots. Kael se redressa. — Quand ? Aldren resta silencieux quelques secondes. — Il y a des années. — Avec mon père ? — Oui. La voix d'Aldren était devenue plus grave. — Il m'avait demandé de ne jamais parler de cette conversation. Kael serra la feuille. — Pourquoi ? — Parce qu'il pensait que certaines personnes surveillaient déjà la maison. Darius échangea un regard avec Ethan. — Et tu ne nous as rien dit ? Aldren secoua la tête. — Je ne savais pas que les choses recommenceraient. Un bruit retentit au-dessus d'eux. Tous levèrent la tête. Un choc. Puis un deuxième. Darius se retourna immédiatement. — Quelqu'un est dans la serre. Kael rangea rapidement la feuille. — Combien ? Un chevalier cria depuis l'entrée : — Plusieurs silhouettes ! Puis un bruit de verre brisé retentit. Ethan dégaina son épée. — Ils sont revenus. Darius regarda Kael. — Reste ici. Kael lui lança un regard froid. — Certainement pas. Darius soupira. — Je savais que tu dirais ça. Ils remontèrent rapidement. À peine arrivés dans la serre, une silhouette passa entre les fleurs. Puis une deuxième. Les chevaliers du Corbeau Noir se mirent immédiatement en mouvement. — À gauche ! Un homme surgit derrière une rangée de plantes. Un chevalier para son attaque. Le choc métallique résonna dans toute la serre. Darius bondit. Son épée heurta celle de l'intrus. — Vous auriez dû partir. L'homme recula. — On n'est pas venus pour vous. Darius fronça les sourcils. — Alors pourquoi êtes-vous ici ? L'intrus ne répondit pas. Il lança quelque chose au sol. Une fumée épaisse se répandit aussitôt. — Attention ! Kael recula. La visibilité disparut presque entièrement. Des bruits de pas résonnèrent autour d'eux. Ethan cria : — Kael ! — Je suis là ! Une silhouette apparut dans la fumée. Elle fonça directement vers Kael. Darius l'intercepta. Le choc les fit tous deux reculer. L'intrus frappa à nouveau. Darius bloqua. Puis Ethan arriva sur le côté et força l'homme à reculer. — Tu vas devoir faire mieux que ça. L'intrus regarda Ethan. — Le fils aîné... Ethan se figea. — Quoi ? L'homme sourit. — Vous êtes exactement comme dans les dossiers. Darius attaqua. L'intrus esquiva et bondit vers l'arrière. Mais Kael était déjà devant lui. Leurs regards se croisèrent. L'homme s'immobilisa. Une seconde. Deux. Puis son expression changea. — Toi... Kael ne bougea pas. — Quoi ? L'homme recula légèrement. — Tu ne devrais pas être ici. Kael serra les doigts. — C'est ma maison. Une faible aura sombre apparut autour de lui. L'intrus la sentit. Son visage perdit son sourire. — L'Écho... Kael releva les yeux. — Tu connais mon pouvoir ? L'homme ne répondit pas. Il lança une petite capsule au sol. Darius cria : — Kael ! Une explosion de lumière éclata. Tous fermèrent les yeux. Quand la lumière disparut, l'intrus avait disparu. Mais quelque chose était resté au sol. Un morceau de métal. Kael le ramassa. Le même symbole. La ligne verticale. Les deux marques. Le V. Mais cette fois, quelque chose avait été ajouté sous le symbole. Un nombre. 18. Kael fixa le métal. Aldren arriva derrière lui. Il pâlit. — Quoi ? Kael lui tendit la pièce. Aldren la regarda. Puis il murmura : — V-18... Kael releva lentement les yeux. — Il existe un V-18 ? Aldren resta silencieux. Darius s'approcha. — Aldren. Le vieux commandant ferma les yeux un instant. — Oui. Ethan fronça les sourcils. — Alors pourquoi le registre s'arrête à V-17 ? Aldren regarda le morceau de métal. — Parce que V-18 n'était pas censé exister. Kael sentit un frisson parcourir son dos. — Qu'est-ce que c'était ? Aldren regarda la serre. Puis la porte menant aux souterrains. — Je ne sais pas. Il marqua une pause. — Mais ton père le savait. Kael ne répondit pas. Dans sa main, le morceau de métal semblait étrangement chaud. Puis une nouvelle vibration parcourut la serre. La porte souterraine claqua. Kael se retourna. La boîte noire, restée dans la pièce en dessous, venait de s'illuminer à nouveau. Et cette fois... Une seconde lumière venait de s'allumer à l'intérieur. Comme si quelque chose venait de répondre. Kael fixa l'entrée. Darius se plaça à ses côtés. — On retourne là-dessous ? Kael regarda la boîte. Puis le morceau marqué 18. — Oui. Il serra la pièce dans sa main. — Cette fois, on va découvrir ce que mon père essayait de cacher.

End of Chapter 54