Chapter 2 of 5

Chapitre deux

453 words

Midoriya, visiblement soulagé de ne plus avoir à meubler le silence, guide Edna Mode à travers les couloirs de l'école. L'odeur de cire et de transpiration flotte dans l'air. C'est un mélange familier et particulier qui lui rappelle son propre atelier, ses nuits blanches, ses crises créatives passées à créer des merveilles textiles. Ils croisent des élèves de tous âges, aux Alters plus excentriques les uns que les autres. Une jeune fille aux cheveux roses crée des nuages de fumée parfumée en éternuant. Un garçon possède des bras tentaculaires dans son dos. Un autre encore fait apparaître et disparaître une pomme d'un air distrait. Chacun d'eux, constate Edna avec effroi, porte une cape. Longue, courte, déchirée de façon stylisée, brodée... Un festival de tissu potentiellement mortel. Elle serre les poings à cette vision. Il faut agir, et vite! Ces élèves de la terminale ne sont sûrement pas les seuls à en porter! Izuku l'introduit finalement dans un vaste atelier baigné de lumière naturelle. Des machines à coudre ronronnent, des mannequins en bois trônent sur des tables de travail, des montagnes de tissus colorés s'entassent contre les murs. Une adolescente vêtue d'une blouse blanche immaculée se tient au milieu du bazar. Elle sourit chaleureusement à la styliste américaine. – Madame Mode, quel honneur de vous accueillir! Je suis Hatsume Mei, responsable de cet atelier de création. Mes camarades de programme et moi-même sommes ravis de collaborer avec vous. Hatsume Mei. Le nom ne lui dit rien, mais son énergie débordante est indéniable. Un atout, peut-être. Ou une distraction de plus. – Chérie, inutile de s'épancher en politesses. Montre-moi tes créations. Les plus récentes... les plus... emblématiques. L'adolescente s'exécute, fière comme un paon. Elle lui montre des croquis audacieux, des prototypes extravagants, des tenues aux couleurs criardes, des accessoires divers. Edna reste impassible, les sourcils froncés. – C'est... intéressant. Mais où est la sécurité? Il y a des capes partout! Pourquoi? Hatsume Mei la regarde, interloquée qu'une femme de sa stature ne comprenne pas. – Mais madame, les capes sont un symbole! Elles donnent de l'allure, du panache... Edna l'interrompt, la voix aussi tranchante qu'une lame. – Le panache ne protège pas des missiles, chérie. L'allure ne remplace pas un parachute. Et une cape coincée dans une turbine d'avion transforme un héros en chair à pâté. Un silence s'installe dans l'atelier. L'ambiance est glaciale. Les élèves derrière elles se pétrifient. Izuku, lui, observe Edna avec une lueur indéfinissable dans le regard. L'Américaine sent que c'est le moment de relancer sa croisade. D'éveiller les consciences. De révolutionner le monde de la mode héroïque japonaise. Elle fixe Mei avec un sourire déterminé aux lèvres. Le regard de l'adolescente, oscillant entre la fascination et l'appréhension, attend une directive.

End of Chapter 2