LE MONDE D’ANZOUROU
Il existe des mondes où les frontières ne sont pas tracées par des lignes sur une carte.
Elles sont tracées par le sang.
Notre histoire se déroule sur Elyndra, un monde où les hommes ne sont pas les seuls maîtres de leur destinée. Des royaumes s'élèvent sur d'immenses plaines, des cités sont bâties autour de montagnes qui semblent toucher les astres, et certaines terres demeurent inconnues même aux cartographes les plus audacieux.
Ici, les routes commerciales sont aussi importantes que les champs de bataille.
Une cargaison de fer peut décider du sort d'une guerre.
Un mariage peut unir deux royaumes.
Une rumeur peut faire tomber un roi.
Et un seul secret peut coûter la vie à des milliers d'hommes.
Elyndra est dominé par cinq Grands Empires.
Des puissances si vastes que leurs frontières s'étendent sur des milliers de lieues. Chacun possède ses propres lois, ses croyances, ses armées et ses ambitions.
Parmi eux se trouve l'Empire d'Anzourou.
Mais Anzourou n'est pas un royaume.
C'est une couronne posée au-dessus de huit autres couronnes.
Huit royaumes composent l'Empire d'Anzourou.
Chacun possède son roi, sa noblesse, ses terres et ses armées.
Tous prêtent cependant serment à l'Empereur.
Du moins, officiellement.
Car derrière les murs des palais, les serments ont souvent moins de valeur que les intérêts.
Au-delà des cinq Grands Empires existent sept Royaumes Libres.
Ils ne répondent à aucun empereur.
Certains commercent avec Anzourou.
D'autres le craignent.
Quelques-uns rêvent de lui prendre ses territoires.
Et certains attendent simplement le moment où les cinq géants se déchireront pour récupérer ce qu'ils pourront.
Dans ce monde, la puissance d'un royaume ne se mesure pas uniquement au nombre de ses soldats.
Elle se mesure à ses mines.
À ses ports.
À ses routes.
À ses récoltes.
À ses marchands.
À ses prêtres.
À ses espions.
Et surtout...
À ceux qui doivent une dette à son souverain.
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L'Église
Au-dessus des frontières politiques existe une autre puissance.
L'Église.
Son influence traverse les royaumes.
Ses évêques peuvent être aussi puissants que certains rois.
Ses sanctuaires sont présents jusque dans les régions les plus reculées, et ses enseignements façonnent la vie de millions de personnes.
Mais l'Église n'est pas un simple lieu de prière.
Elle possède ses propres institutions, ses archives, ses tribunaux et ses représentants auprès des cours royales.
Un évêque peut conseiller un roi.
Un chancelier peut gouverner au nom d'un empereur.
Un général peut commander des centaines de milliers de soldats.
Et pourtant, derrière chacun d'eux peuvent se cacher des intérêts que personne ne connaît.
Dans ce monde, même la foi possède des frontières.
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Les huit royaumes
Les huit royaumes d'Anzourou ne se ressemblent pas.
Au nord s'étendent les terres froides et montagneuses.
À l'est, d'immenses plaines traversées par les caravanes.
Au sud, des forêts anciennes dont certaines n'ont jamais été entièrement explorées.
À l'ouest, les grandes routes commerciales reliant Anzourou aux Royaumes Libres.
Chaque royaume possède sa propre culture, ses traditions et ses familles nobles.
Et parmi ces familles se trouvait autrefois une maison dont le nom était respecté dans tout l'Empire.
La Maison Vaelmont.
Une ancienne lignée de barons.
Une famille riche.
Une famille influente.
Une famille qui possédait des terres, des soldats et surtout...
des secrets.
Puis, en une seule nuit, elle disparut.
Le père.
La mère.
Les serviteurs.
Les gardes.
Tous furent massacrés.
L'ordre venait d'un marquis.
L'enfant héritier avait alors six ans.
Abdour Vaelmont.
Il fut déclaré mort.
La Maison Vaelmont fut rayée des registres.
Son nom fut progressivement oublié.
Le marquis poursuivit son ascension.
Les royaumes continuèrent de vivre.
Les marchands reprirent leurs routes.
Les rois continuèrent de régner.
L'Empereur continua de siéger sur son trône.
Personne ne savait qu'au même moment, quelque part sur une route poussiéreuse...
un marchand ambulant venait de trouver un enfant vivant.
Un enfant qui n'aurait jamais dû survivre.
Un enfant qui, un jour, allait comprendre une vérité que les rois eux-mêmes avaient oubliée :
un empire ne se conquiert pas toujours avec une armée.
Parfois, il suffit de contrôler ceux qui font tourner l'empire.
Et Abdour allait avoir vingt-quatre ans pour préparer son retour.
Car le jour où le dernier Vaelmont franchirait les portes de la capitale...
Anzourou ne serait plus jamais le même.