Chapter 2 of 4

Part 1

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Pdv Linda Le dernier cours de la soirée s'est achevé plus tôt que prévu. Notre professeur venait tout juste de recevoir un appel et, après nous avoir présenté ses excuses, il nous annonça qu'il devait assister à une réunion importante. En moins de deux minutes, l'amphithéâtre s'était vidé, certains étudiants étaient déjà en train de prévoir leur soirée, d'autres pestaient contre les prochains examens. Quant à moi, je suis restée quelques instants de plus à ma place, le temps de relire rapidement mes notes. C'était une habitude que j'avais prise depuis ma première année de droit : relire le cours tant qu'il était encore frais dans ma mémoire. Une fois mon cahier refermé, un sourire satisfait se dessina sur mes lèvres. Enfin... Mon moment préféré de la journée. Je glissai la main dans mon sac et en sortis mon fidèle compagnon de ces derniers mois : Death Note. Il faut dire que je n'avais jamais été une très grande lectrice avant d'entrer à l'université. Je lisais de temps en temps, sans plus. Mais depuis quelque temps, les thrillers avaient pris une place incroyable dans mon quotidien. J'aimais leur manière de jouer avec notre esprit, de nous faire croire une chose avant de nous prouver exactement le contraire quelques chapitres plus loin. Et parmi tous ceux que j'avais lus, aucun ne m'avait autant marqué que celui-ci. Je m'installai sur un banc, sous un arbre, légèrement à l'écart des autres étudiants. Le campus était presque calme à cette heure-ci. Une légère brise faisait danser les feuilles au-dessus de ma tête tandis que le ciel, d'un bleu éclatant quelques heures plus tôt, commençait doucement à se teinter d'orange. Il n'y a pas meilleur endroit pour lire. À peine le livre ouvert, je me retrouvai immédiatement happée par l'histoire. Chaque chapitre ressemblait à une partie d'échecs intéressante entre deux esprits brillants : Light Yagami, un lycéen qui se prend pour Dieu, et L, le détective énigmatique qui le traque sans relâche. Leurs duels psychologiques, leurs stratégies pour démasquer l'autre, me captivent totalement. Plus je lis, plus la tension monte et plus je me demande qui sortira vainqueur de cet affrontement. À chaque nouvelle stratégie de Light, je me disais que L allait enfin le coincer. Puis, quelques pages plus tard, Light trouvait une nouvelle parade qui me faisait complètement changer d'avis. C'était presque frustrant, mais dans le bon sens. Je serre un instant mon bouquin contre moi et même si  je ne pouvais  pas m'empêcher de partager le point de vue de Light, je n'étais pas du tout d'accord avec ses actes. Le monde est rempli de criminels, de personnes malhonnêtes qui échappent à la justice et l'idée de pouvoir y mettre fin est intéressante mais irréaliste et de toute façon, à force de vouloir débarrasser le monde de criminels, Light en est devenu un sans s'en rendre compte. L'injustice me répugne au plus haut point mais ce n'est pas toujours aux humains de décider du sort d'une personne qui a causé du tort à son prochain. Moi je crois fermement qu'il existe une justice qui nous dépasse. Certains parlent de karma, d'autres de destin ou encore de justice divine. De toute façon, peu importe le nom qui est attribué, aucune action ne reste impunie. Tôt ou tard, on finit par récolter ce qu'on sème et le plus étrange est que le timing est tellement parfait, la chose se déroule au bon moment et de la plus belle des manières qui soit. Lorsque je relève les yeux de mon livre, je réalisai que le soleil commençait déjà à disparaître derrière les bâtiments de l'université. Le temps avait filé sans que je m'en rende compte. Je souris en refermant délicatement le roman avant de le ranger dans mon sac. - L'idée de purifier le monde n'est pas si mauvaise que ça , mais la ligne qu'il avait franchie était une ligne que je ne franchirais jamais. Dis-je avec la plus grande conviction du monde. - Ça c'est ce que tu crois... Mon sourire disparut aussitôt et je levai brusquement la tête. Mon regard balaya les bancs autour de moi, les étudiants qui rentraient chez eux, les quelques personnes encore présentes sur le campus, mais je ne vois personne pourtant j'aurais juré avoir entendu une voix. Je restai immobile quelques secondes avant de souffler discrètement. - Tu deviens parano, Linda... Les examens approchaient et mon cerveau devait sûrement commencer à saturer. Oui. C'était forcément ça. Après quelques courses histoire de me changer les idées et parce que j'avais faim aussi, je rentrai finalement dans mon studio. Je referme la porte derrière moi, laissant échapper un soupir de fatigue mêlée de satisfaction. Mon appart est assez minimaliste : petite kitchenette, des plantes qui arrivent à survivre tant bien que mal et ma mini bibliothèque regorgeant de livres tout aussi intéressantes que celui que j'ai commencé à lire il y a pas longtemps. Tout ce combo fait de ce studio mon refuge, un endroit où je peux me laisser aller à mes pensées sans jugement. Je pose mon sac sur la petite table de cuisine et commence à sortir les courses que j'ai faites : des légumes frais pour une salade simple, du pain, un peu de fromage... Bref, rien de très élaboré quoi.. Tout en préparant mon "dîner", je me surprends à repenser à cette phrase étrange entendue dehors, sur le campus : "Ça c'est ce que tu crois..." Je frissonne légèrement malgré la température agréable de la soirée puis je secoue la tête, comme pour chasser cette impression bizarre. Ma salade prête, je m'assieds sur mon canapé confortable, mon assiette posée sur la petite table basse. Je prends une bouchée et laisse mon regard errer vers la fenêtre. Dehors, la nuit est tombée, les lumières de la ville créent une ambiance douce qui contraste avec le tumulte occasionnel de mes pensées. Je me sens un peu seule mais c'est une solitude que je connais bien, avec laquelle je suis à l'aise la plupart du temps. Je finis mon repas, fais un peu de rangement, puis choisis une playlist apaisante et laisse les notes envahir l'espace. Je m'affale sur mon lit, les yeux fermés, et laisse les mélodies m'emporter loin des pensées trop insistantes. Je me sens dériver vers un état de détente, où les contours du monde extérieur s'estompent un peu. La musique est un refuge, un endroit où je peux être moi sans trop réfléchir. -Je te choisis Linda. Tu puniras ceux qui m'ont détruite. Je rouvre brutalement les yeux et je me redresse d'un bond. Mais c'est encore cette voix ! Mais que me veut-elle à la fin? Je regarde autour de moi, mais il n'y a personne. Je me rendors, ayant l'intime conviction que quelque chose cloche, quelque chose que je ne maîtrise pas, et ça ne me plaît pas du tout.

End of Chapter 2